Isabelle Autissier, navigatrice de talent et défenseure de la nature

Première femme à avoir fait le tour du monde en solitaire, en 1991, Isabelle Autissier est devenue un personnage incontournable de la navigation sportive française. Ancienne enseignante, elle est également écrivaine, fondatrice de l’association IMOCA et Présidente du WWF France.

Icône féminine de la course à la voile

Née le 18 octobre 1956, Isabelle Autissier a découvert la voile en Bretagne dès l’âge de 6 ans. Aujourd’hui considérée comme l’une des grandes figures de la navigation française, elle a notamment fondé avec Christophe Auguin, Alain Gautier et Jean-Luc Van Den Heede la fameuse association IMOCA (International Monohull Open Class Association) qui regroupe depuis 1991 les skippers de voiliers monocoques de 60 pieds. C’est également au cours de cette même année qu’elle participa au BOC Challenge, où elle finit 7e au classement final. Elle enchaina ensuite en devenant la première femme ayant bouclé le tour du monde en solitaire. Un exploit qui l’a d’ailleurs poussé à quitter son emploi d’enseignante pour se focaliser sur sa grande passion qu’est la voile.

Durant sa carrière, cette parisienne de naissance a pris part à de nombreuses compétitions. Elle participa en 1993 à la course Europe – Open UAP à l’issue de laquelle elle termina à la deuxième place du classement, avec trois étapes remportées sur six. En 1994, alors qu’elle était à la tête d’un équipage composé de Lionel Lemonchois, Luc Bartissol et Pascal Boimard, elle pulvérisa de 14 jours le record du trajet New York – San Francisco par le Cap Horn, en 62 jours, 5 heures et 55 minutes. L’année suivante lui a toutefois réservé quelques mésaventures, car lors de sa seconde participation au BOC Challenge, son 60 pieds muni d’une quille basculante, l’Écureuil Poitou-Charente, fait naufrage le 28 décembre à environ 1000 miles au sud de Sydney.

Quelques coups durs, mais une passion toujours intacte

C’est grâce au soutien de l’entreprise vendéenne « PRB », qui a entrepris pour elle la construction d’un nouveau bateau, qu’Isabelle Autissier reprit le large en 1996/1997, à l’occasion du Vendée Globe. Durant cette régate en solitaire, elle effectua un excellent début de parcours, talonnant de quelques dizaines de miles le leader Christophe Arguin juste avant le passage vers l’océan Indien. Manque de chance, la perte de l’un de ses deux safrans la contraindra à faire escale à Cape Town. Elle finira son parcours hors course après 105 jours de navigation.

En 1999, Isabelle Autissier s’engagea dans la course Around Alone (ex BOC Challenge) pour la troisième fois. Malheureusement, lors de la troisième étape de la compétition, son voilier chavira et se renversa. Elle choisit alors de ne plus participer aux courses en solitaire autour du monde. Une décision qui ne marqua pas pour autant la fin de sa carrière, la navigatrice ayant continué les compétitions en équipages : Transat AG2R avec Sydney Gavignet, entre Lorient et St Barth, puis tour de France à la voile avec Jimmy Pahun en 2000.

Isabelle Autissier avec son livre Il ne faut toutefois pas oublier qu’Isabelle Autissier n’est pas qu’une navigatrice passionnée. Elle est également une amoureuse de la nature particulièrement engagée ayant entrepris de nombreuses expéditions pour la cause environnementale. En 2002, elle a d’ailleurs effectué sa première mission de 2 mois à la voile dans la péninsule Antarctique. Celle qui porte aussi le titre de « docteur honoris causa », attribué par l’université catholique de Louvain (Belgique), est aussi devenue en 2009 la présidente du WWF France. Elle a même été réélue pour un deuxième mandat en 2012. Également écrivaine, Isabelle a sorti plusieurs ouvrages, dont les romans Seule la mer s’en souviendra (2009), primé lors du 20e festival international de géographie (2009), et L’amant de Patagonie (2013) qui a obtenu le prix Maurice-Genevoix en 2013. Avant cela, elle s’était déjà fait un nom dans le monde de la littérature en publiant des livres qui ont reçu de bonnes critiques comme Une solitaire autour du monde (1997), coécrit avec Éric Coquerel, ou encore Versant océan : l’île du bout du monde (2008), coécrit avec Lionel Daudet, avec qui elle a effectué son expédition en Antarctique.

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